Le Diabète:Les causes d’échec du traitement novembre 22, 2009
Posted by rejad in news.trackback
Parmi les maladies non transmissibles le diabète pose un véritable problème de santé publique par le biais des complications chroniques dominées par les complications cardio vasculaires, le pied diabétique, la rétinopathie et l’insuffisance rénale.
Les progrès thérapeutiques réalisés durant cette dernière décennie ont nettement améliorer les indicateurs de santé liés à cette maladie mais les résultats globaux restent insuffisants partout dans le monde.
A la question pourquoi, il existe plusieurs réponses dont voici quelques unes :
1) Le diabète de type 2 est polygénique (plusieurs gènes sont incriminés) dans le déterminisme de la maladie mais la génétique ne s’arrête pas là car d’autres gènes aussi sont impliqués soit pour aggraver telle ou telle complication ou au contraire protéger contre telle ou telle évolution défavorable (gène protecteur). Ces données expliquent les variantes d’une même maladie et donc une certaine inégalité vis-à-vis du malade.
Par ailleurs la maladie est caractérisée par un déficit progressif de l’insulino secrétion ce qui rend le traitement par l’insuline inévitable au bout de quelques années d’évolution. Malheureusement l’insulinothérapie est mal vécue par le malade qui la refuse d’emblée et perd ainsi un temps précieux avant de l’accepter.
2) Le malade lui-même va jouer un rôle important dans sa propre prise en charge thérapeutique. D’abord sur le plan psychologique il va passer par plusieurs étapes dont la première est constituée par le déni de la maladie. Cette étape fait suite à l’annonce de la maladie. Le malade réfute ce diagnostic, souvent il va consulter un autre médecin avec l’espoir d’avoir un avis contraire. Il peut être tenté de voir un guérisseur pour en finir définitivement avec la maladie. Nous avons bien vu à la télévision des affirmations de guérison de la part de guérisseurs et même de malades. Ce qui est faux et grave en même temps, car ça donne de faux espoirs et surtout ça retarde le traitement médical. Pour vous convaincre dites vous seulement que celui qui guérira définitivement le diabète sera le futur prix Nobel de médecine.
Enfin il faut savoir que cette étape psychologique peut durer quelques temps ou au contraire toute une vie. D’autres étapes faites de révolte, de dépression, de négociation thérapeutique précéderont l’étape ultime positive qui est l’acceptation.
Cette acceptation rend le malade réceptif aux conseils médicaux et donc à un meilleur traitement.
Malheureusement beaucoup de malades ne reconnaîtront et accepteront leur maladie qu’au moment de l’apparition des complications mais il est déjà trop tard.
3) L’autre facteur dépendant du malade est l’observance thérapeutique qui répond à la définition suivante : comportement selon lequel la personne prend son traitement médicamenteux avec l’assiduité et la régularité optimales, selon les conditions prescrites et expliquées par le médecin traitant.
Or combien de malades suivent à la lettre les prescriptions médicales ?
Le manque d’observance est la première cause d’échec du traitement.
4) L’autre acteur est le médecin lui-même qui peut ne pas être à jour dans le domaine de la diabétologie car c’est une discipline qui avance très vite Elle est sujette à des modifications de stratégies en fonction des nouvelles découvertes. Ceci donne lieu à une multitude de recommandations qui peuvent changer d’une année à l’autre. Par ailleurs beaucoup de médecins acceptent des résultats moyens alors qu’il faut traiter énergiquement surtout au début de la maladie. Concernant l’insulinothérapie ils peuvent montrer un certain laxisme.
5) La relation médecin-malade, cette confiance qui lie le praticien à son patient s’effiloche petit à petit car les examens paracliniques ont remplacé l’écoute et l’échange. Le médecin devient de plus en plus un ingénieur de la santé malgré lui.
6) Enfin les règles hygiéno diététiques (5 fruits et légumes par jour et 30 minutes d’activité physique 3 fois par semaine) constituent la base du traitement mais elles ne sont suivies que par peu de malades.
En conclusion: la réussite du traitement dépend de plusieurs facteurs dont le malade et le médecin doivent en tenir compte.
Par Mohamed Belhadj E.H.U. Oran










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